Ode à l’Homopatik

Crédit photo: Homopatik

L’Homopatik c’est un institution, dans la communauté gay certes, mais surtout dans le monde de la nuit berlinoise. C’est une fête chaleureuse et mensuelle, souvent sensuelle parfois sexuelle, le Berghain coté clair de la force (cf Starwars). Homo ou hétéro on s’y sent bien et l’on y fait la connaissance de personnages et personnalités multiples. L’hiver la fête dure seulement 24 heures et se tient en petit comité. L’été elle se prolonge tout un week-end et les touristes se mêlent aux habitués. Messieurs soyez sexy, Mesdames vous ne rentrerez que bien accompagnées… les physios sont intransigeants.

Dans le jardin de l’About Blank la fête est fiévreuse et enjouée. Le soleil ne brille pas mais cela n’empêche pas les fêtards de se trémousser sur la musique. Pleins d’hommes, beaux, raffinés, grassouillets, en jeans, torses nus ou parfois à talons aiguilles et perruques. Quelques filles aussi, le nombril à l’air, des femmes fatales, une tornade qui danse et tourne sur elle même dans une robe chair.

Les bulles de savon se distillent dans l’air, les choeurs chantent quand le DJ interrompt quelques secondes le hit disco électronisé, les visages s’effleurent, pour se faire la bise ou goulûment s’embrasser.

Et partout dans le jardin des groupes s’égaient, des conversations vont bon train assis sur un banc, debout dans l’ancien sauna caché derrière les buissons ou au milieu d’une caravane magique. On fait connaissance mais on évite de parler travail, on préfère les voyages et la fête. Berlin, Berlin, Berlin insatiable sujet de discussion qui semble fédérer les participants même si beaucoup ne sont que de passage dans l’hospitalière capitale du week-end.

Le Dj Obélix succède au Dj mèché ou éméché ? La musique passe du disco électro à la techno house pour revenir à quelques tubes des 70’s. Ceux qui ont besoin de rythmes encore plus véhéments peuvent s’enfermer dans l’une des obscures salles. Il faudra plusieurs minutes aux yeux pour y distinguer ce qui s’y passe. Certains profitent de la situation, mon état de femme me protège.

Aux toilettes tout le monde est à égalité. Elles sont mixtes et dans la longue file il faut prendre son mal en patience en entamant la discussion avec son voisin. Heureusement il y a parfois de bonnes surprises car des groupes entiers s’engouffrent dans un cabinet. La queue se réduit d’un seul coup.

Plus tard l’étroite piste de danse de la seconde salle,qui fait aussi office de couloir, étouffe. La musique à l’extérieur s’est presque tue et le froid de la nuit s’est abattue. Les participants se sont réfugiés sur la brûlante piste-couloir. La première plongée est effroyable, gluante de corps transpirants. Il faut jouer des coudes pour s’y faufiler à la recherche d’un ami perdu. La file des vestiaires dévale les escaliers et devant l’entrée du club c’est encore pire, elle atteint presque la sortie de la station Ostkreuz, sans compter la file de ceux qui ont déjà leur tampon au bras et qui reviennent faire la fête après avoir mangé un burger à l’extérieur. Il est temps de partir.

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