Une cabane entre deux arbres

A San Francisco ils ont des maisons bleues adossées à des collines. A Berlin on fait plus original : la Baumhaus an der Mauer. Un jardin flanqué d’une cabane fut érigée au niveau du mur de Berlin en 1983. Cela fut possible grâce à une invraisemblance du tracé du mur. Le petit espace triangulaire situé derrière l’église St. Thomas appartenait à l’Est. Mais il était plus simple de construire le mur sur un tracé droit plutôt que de le faire contourner ce terrain. De ce fait il est resté derrière le mur coté Ouest mais était la propriété de l’Allemagne de l’Est.

Osman Kalin, un émigré turc, habitait à coté, sur la Bethaniendamm. De ses fenêtres il voyait cette terre abandonnée et jonchée de détritus. Il demanda à qui elle appartenait. On lui répondit : « A personne ». Il décida donc de l’utiliser pour y planter un jardin et le nettoya de ses ordures. Un jour, deux soldats de l’Est lui rendirent visite et lui demandèrent ce qu’il faisait. Il leur expliqua que c’était son terrain et qu’il faisait son jardin. Les soldats lui répondirent que la terre appartenait à la RDA. Mais Osman leur répondit que c’était impossible vu qu’il s’y était installé depuis longtemps. Devant l’obstination du Turc qui ne comprenait pas bien l’allemand, les soldats rendirent les armes et l’autorisèrent à continuer l’exploitation de la terre tant que les plantations n’étaient pas trop hautes et ne bouchaient pas la vue.

A la chute du mur, les ennuis commencèrent pour Osman qui occupait un terrain dont il n’était pas le propriétaire, qui n’appartenait ni à l’Est ni à l’Ouest et dont on ne savait si il était situé dans le quartier de Kreuzberg ou de Mitte. Avec le soutien du curé de l’église St Thomas et du maire de Kreuzberg la maison fut finalement laissée en place. On lui attribua le numéro 0 de la Bethanienstrasse, le nom de Baumhaus an der Mauer et Kalin reçut en 2004 l’autorisation spéciale d’utiliser illégalement le jardin. Bien que la maison ne soit pas raccordée à l’eau courante et qu’il y ait eut plusieurs incendies criminels en 1991 et en 2003 le petit oasis vert résiste et perdure à la croisée des rues. Ne passez pas devant cette curiosité historique et écologique sans y jeter un œil !

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