Une nuit à Teufelsberg : Nouvelles aventures sur la montagne du diable

Depuis ma première incursion à l’ancienne base militaire de Teufelsberg mon rêve était d’y faire une fête. J’avais entendu dire qu’il y en avait régulièrement en été mais impossible de savoir quand. A chaque fois que j’en avais connaissance c’était déjà passé. Mais il y a deux semaines, ma recherche sur Google donne enfin ses fruits ! Une électro party est organisée du samedi 4 août (14h) au dimanche 5 août (22h) ! Je réserve le date.

Jour J. Mon objectif est de voir le lever du soleil de Teufelsberg. Je compte donc arriver à la fête vers minuit. Mais à 10h des amis qui y sont déjà me disent qu’ils font la queue depuis 2h ! Effectivement quand j’arrive à la station de S-Bahn le quai est presque bondé. Sur la route vers Teufelsberg il y a une procession de fêtards sur le retour. Je me dis que c’est peut être mauvais signe mais qu’en tout cas je n’aurai certainement pas à faire la queue car je suis la seule à aller dans la direction de la base militaire. L’avantage c’est aussi que je me sens moins seule sur cette route sombre sans éclairage au milieu de la forêt. J’aborde ensuite la longue route en lacet qui monte jusqu’à l’entrée du complexe. Je dois plusieurs fois descendre de mon vélo pour le pousser. Je croise toujours des gens dans le sens inverse. Parfois ceux en vélo n’ont pas de lumière et m’apparaissent au dernier moment, me semblant aussi réels que des fantômes.

J’atteins enfin mon but. Je dépose mon vélo et me dirige vers l’entrée. Mais là… mauvaise surprise. Les gens responsables de la fête annoncent au petit groupe qui veut entrer que la police est intervenue et qu’ils ne peuvent plus laisser entrer personne. Pourtant on entend toujours la musique au loin. Il est 1 heure du matin, j’ai traversé la ville et la forêt, affronté une terrible montée en vélo… pas question d’abandonner ! Plusieurs groupes de personnes munies de lampes torches se promènent autour des grillages, à la recherche d’un trou. Je les suis car j’ai oublié ma lampe de poche. Mais il ne semble pas possible de passer. Je me résigne à retourner à l’entrée et à attendre qu’on veuille bien me laisser entrer quand soudain je vois une bande d’aventuriers qui ont réussi à trouver une faille. Je me glisse avec eux à travers le grillage. Il faut maintenant rallier la fête sans se faire remarquer par les gardiens. Je me souviens de la configuration du lieu car j’étais entrée par le même endroit lors de ma première incursion. Je me dirige vers un taillis où je retrouve les escaliers qui mènent à un terrain supérieur. Plusieurs personnes me suivent silencieusement. Nous débouchons sur une clairière mais sommes désorientés et ne savons pas où aller. Soudain un gardien nous dit que ce n’est pas une sortie ici et nous montre la direction de la fête. Nous obéissons avec bonheur, nous voilà dans la partie !

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Il y a une scène rougeâtre où le DJ officie. Le son est obstinément bas mais reprendra de l’ampleur plus tard dans la nuit. Il y a des canapés, un feu de bois autour duquel des fêtards se sont rassemblés, une tente, un bar déjà en rupture de stock. J’avise une porte ouverte dans un bâtiment. De longs couloirs se poursuivent et je les suis jusqu’à ce que je tombe presque nez à nez avec l’un des types de l’entrée. Je bats discrètement en retraite. Il ne me reste plus qu’une barre de batterie mais c’est suffisant pour appeler mes amis et les retrouver. Sur la piste de danse je rencontre aussi par hasard mes anciens colocataires ! La musique est bonne même si elle n’est pas assez forte pour être vraiment ensorcelé. La piste de danse est beaucoup moins encombrée que je ne l’imaginais même si il faut un peu se battre pour tenir sa place devant les amplis. Bonne humeur est le maître mot. Mes amis décident de partir, fatigués de leur trop longue attente à l’entrée. Mes anciens colocataires quittent eux aussi la fête quelques heures plus tard. Mais je ne suis pas seule car j’ai fait de nouvelles connaissances qui m’accompagneront jusqu’au lever du soleil.

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Le ciel est de plus en plus clair même si il est un peu voilé par les nuages. Les coupoles de Teufelsberg commencent à s’égayer de la lumière du soleil. Peu à peu on distingue le visage de ses compagnons de fête, la décoration du lieu mais aussi tous les détritus, les bouteilles laissées au sol ainsi que ceux qui n’ont pas tenu jusqu’au bout, avachis par terre ou sur les canapés. Alors que je prends une photo le type de l’entrée qui était juste derrière moi me fait une remarque : Non pas de photo ! Je me crispe un peu car je me demande s’il se souvient qu’il m’a refusé l’entrée. Mais ouf c’était une petite blague et il est plus occupé à me draguer qu’à me virer. Après une pitchnette sur la joue il retourne à son poste.

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Je reste encore autour du feu en écoutant la musique et en discutant dans toutes les langues. Puis je rejoins l’entrée via un petit chemin dans la forêt appelé la route des rêves. J’y croise des nymphes qui ramassent les bouteilles. Sortie je suis le sentier le long des grillages jusqu’à un banc où je peux admirer le jour naissant sur la ville. Après plusieurs minutes de paix dans la forêt animée par les chants des oiseaux je remonte sur ma fidèle bicyclette et dévale la pente les cheveux au vent. Je croise plusieurs fêtards à pieds qui doivent me haïr de pouvoir rentrer si vite. Arrivée sur le quai du S-Bahn je regarde le panneau d’affichage. Le premier train passe dans une demi-heure. Poussée par l’euphorie de la soirée je décide de rentrer à vélo. Sous le soleil je traverse Berlin et passe à coté des monuments éblouis par la lumière du jour. 14 kilomètres plus tard je suis chez moi.


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