Un week-end en Suisse saxonne

Un week-end en Suisse saxonne aura suffi pour être totalement dépaysé. Cette région vallonnée et traversée par le fleuve de l’Elbe se trouve au Sud de Dresde, à la frontière avec la République tchèque. Ses paysages sont célèbres pour avoir inspiré le peintre romantique Caspar David Friedrich et ne se trouvent qu’à 3 heures de Berlin.

Vendredi soir

Départ de Berlin à partir de la gare Hauptbahnhof, dans le wagon restaurant d’un train qui nous transporte déjà loin : le serveur ne parle pas un mot d’allemand ni d’anglais, le menu et les plats sont en polonais et les prix en Zloti. Arrivés à Dresde, nous prenons ensuite un S-Bahn (S1) qui nous emmène en 20 minutes jusqu’à la petite ville de Pirna, à l’orée de la Suisse saxonne. Nous y dormons, faute d’avoir trop tardé pour réserver un logement dans un village au coeur de la région. L’hôtel Casa Pirna est finalement une belle surprise. Géré par une Espagnole très sympathique, l’établissement vient d’ouvrir et se trouve dans une ancienne villa magnifiquement rénovée. Les douches et WC sont communs mais nous ne les partageons qu’avec un autre couple de voyageurs.

Samedi matin

Réveillée par la pluie, je pars dans le centre ville de Pirna pour trouver un parapluie. La rue morne s’allonge jusqu’à la place centrale, très belle surprise architecturale. Je continue l’exploration du centre qui compte deux, trois jolies rues et des façades typiques. Et je trouve une boutique qui vend des parapluies au moment où la pluie s’interrompt.

Retour à la gare de Pirna, direction Königstein. Le S1 longe le fleuve pendant une dizaine de minutes et arrive dans ce joli village, célèbre pour sa forteresse qui se dessine sur une hauteur verdoyante. Un bus peut vous emmener directement à la forteresse mais nous décidons d’entreprendre l’ascension en suivant le sentier qui part dans la forêt. Le climat est presque tropical, très humide. Nous arrivons un peu essoufflés et presque en sueur malgré le peu de difficulté que représente cette balade. Après avoir vidé notre verre au biergarten à l’entrée de la forteresse, nous laissons nos sacs de voyage dans des casiers et prenons nos tickets. L’entrée est à 10 euros. Il y a aussi des audio guides (3 euros) que nous ne prenons pas, préférant nous balader à notre guide sur les remparts. Ils offrent une superbe vue sur le fleuve et la campagne environnante, bercés par le soleil qui a fait son retour.

L’histoire de la forteresse commence au 13ème siècle. Elle abrita un couvent, se développa en un véritable village fortifié équipée d’immenses caves, fut utilisé comme prison d’Etat, puis de lieu de détention pour les prisonniers de guerre (notamment français) pendant les guerres de 1870 et les guerres mondiales, accueillit des célébrités (le tsar Pierre I, Frédéric Guillaume I, Frédéric II), servira de sanatorium pour l’armée du Reich… Après la guerre, les Soviétique en firent un hôpital militaire, puis une maison de redressement pour les jeunes délinquants et récalcitrants au régime de RDA.

Cette riche histoire se découvre dans les différents bâtiments de la forteresse, notamment dans le musée de la forteresse. Ne manquez pas non plus les impressionnantes caves et les expositions temporaires organisées dans les salles au-dessus.

Au final nous avons dû rester au moins deux heures à explorer la forteresse de Königstein. Nous redescendons en empruntant un autre chemin et revenons dans le village de Königstein pour prendre le S-Bahn, direction Bad Schandau.

 

Samedi après-midi

A Bad Schandau, nous récupérons notre airbnb très confortable et nous lançons dans une randonnée dans le Parc National de la Suisse Saxonne, à la découverte des Schrammsteine. La balade débute le long de la route et du fleuve. Après une pause Curry Wurst dans un petit café, nous commençons l’ascension dans la forêt. Celle-ci se corse avec l’arrivée de premières grosses gouttes de pluie dans une atmosphère toujours saturée d’humidité. L’ascension des reliefs rocheux est facilitée par l’installation d’échelles métalliques. Les randonneurs descendent, nous continuons à monter. Si près du but, nous ne voulons pas abandonner. Mais presque arrivés à la dernière plateforme qui nous permettrait d’admirer le paysage majestueux que nous devinons, le tonnerre gronde et les éclairs se déchaînent. Nous nous réfugions sous une roche, loin des installations métalliques, abrités de la pluie chaude et de l’orage. Nous attendons de longues minutes dans cette ambiance surréaliste, seuls au milieu de la nature, potentiellement en danger. Cette situation de fragilité perçue face au déchaînement des éléments est si rare, elle est à la fois effrayante et ravissante. Profitant d’un moment d’accalmie, nous jaillissons hors de notre abri, montons les dernières marches pour atteindre la plateforme, plongeons nos yeux dans le décor des montagnes déchirées et du ciel menaçant. Quelques secondes pour profiter de paysage et nous redescendons sous la pluie toujours intense.

Le retour à Bad Schandau se fait dans l’euphorie d’avoir vécu un tel moment. Malgré la pluie et nos vêtements mouillés, nous n’avons pas froid car la température reste élevée. Une brume poétique s’élève au-dessus des arbres et le ciel se teinte de lueurs extraterrestres. Ce soir nous mangerons dans un restaurant italien et nous coucherons tôt.

Dimanche matin

La recherche d’un petit déjeuner s’avère un peu difficile mais nous trouvons finalement notre bonheur dans le restaurant de l’hôtel Elbhotel.

Nous poursuivons la journée par un grand moment de détente dans les thermes de Bad Schandau. Arrivés dès l’ouverture, nous sommes presque seuls. Nous allons dans le bassin extérieur qui se trouve à côté du fleuve et profitons de la vue sur le paysage environnant. Il y a aussi une piscine d’eau salée avec de la musique sous l’eau et des lumières au plafond, un peu comme au Liquidrom.

Nous quittons Bad Schandau en bateau jusqu’à notre dernière étape, le village de Rathen.
Sachez d’ailleurs qu’il est possible de se déplacer dans la Suisse saxonne en bateau à partir de Dresde. Cela prend plus de temps qu’en S-Bahn mais doit être très agréable, sauf quand il pleut. Et c’est ce qui nous arrive. Après le soleil matinal, une pluie torrentielle s’abat sur notre navire. Nous débarquons à Rathen en catastrophe et nous réfugions dans un restaurant un peu chic pour déjeuner.

Dimanche après midi

Nous songeons à rentrer à Berlin dès la fin du repas étant donné la météo. Mais l’un des plus beaux endroits de Suisse saxonne se trouve à quelques mètres d’altitude. Nous avons de la chance, arrivés au dessert, le beau temps est de retour et nous pouvons entamer sereinement notre marche jusqu’au pont de pierre naturel appelé Bastei. Très touristique, on y trouve même une arnaque arrivé en haut. Il y a un guichet qui indique une entrée à 2 euros. En fait il s’agit d’une petite promenade dans certaines formations rocheuse et qui permet de bénéficier d’un point de vue sur le Bastei. Mais l’accès au pont rocheux et aux divers points de vue sur le fleuve est lui gratuit. Là encore les beaux paysages sont au rendez-vous.

Ne reste que le chemin du retour jusqu’à Berlin. De Rathen nous traversons le fleuve sur un bac car la station de S-Bahn se trouve de l’autre côté de l’Elbe. Arrivé à Dresde, nous prenons le train. Comme nous n’avions pas réservé en avance, les tarifs sont assez élevés pour le train direct. Nous partons donc à l’aventure dans les trains régionaux avec le Schönes-Wochenende-Ticket qui coûte 44 euros pour deux personnes. Nous allons jusqu’à Senftenberg, puis un train nous mène à Cottbus, et enfin nous arrivons à Berlin, pensant que nous sommes partis depuis une semaine tant le dépaysement fut grand !

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