L’île aux paons

Cela fait des années que j’entendais parler de cette fameuse île aux paons. Nous avons finalement entrepris l’expédition un beau dimanche. Car oui il s’agit un peu d’une expédition pour s’y rendre, ce qui fait aussi partie du plaisir de cette sortie.

Cette île fut acquise par Frédéric-Guillaume II de Prusse en 1793 pour y donner libre cours à ses envies de balades bucoliques en barque. Au 19 ème siècle les jardins furent aménagés par Lenné. C’est aussi à cette époque que Frédéric-Guillaume III y fit installer une ménagerie, l’origine du futur zoo de Berlin.

Pour y aller, il y a plusieurs possibilités. La plus romantique est d’emprunter le bus historique 218. Plusieurs bus circulent sur la ligne qui part du métro U Theodor-Heuss-Platz. Certains datent des années 50, d’autres des années 70 et 80 et certains sont des bus modernes ce qui leur retire tout charme.

Par manque de temps nous n’avons pas pu tester la ligne dans son entièreté et l’avons empruntée à partir de la station de S-BahnWannsee. Le trajet se déroulant dans les bois, c’est certainement la section la plus intéressante. Il faut compter 20 minutes, ou 45 minutes si vous prenez le bus dès le début. Notez aussi que les bus historiques ne passent que toutes les deux heures. Il faut donc bien se renseigner sur les horaires en amont.

Nous arrivons ensuite à l’embarcadère d’où part un bac qui relie l’île au « continent » toutes les 15-20 minutes (4 euros comprenant l’accès à l’île). Nous décidons de déjeuner au Wirthaus zur Pfaueninsel avant d’embarquer. Au menu des plats traditionnels, rien d’extraordinaire niveau cuisine, et c’est assez cher. Sur l’île il y a un stand, mais pas vraiment de restaurant, mieux vaut donc arriver le ventre plein.

Il y a énormément de règles à respecter sur l’île. En préparant cet article j’ai notamment découvert que le publication de photos n’est pas autorisée !  En outre, il n’est pas autorisé de fumer, faire du roller, faire du vélo, faire un barbecue, de jouer à un sport de balle, de camper, de jeter l’ancre et d’emmener son animal de compagnie. Les voitures sont bien entendu proscrites.

De fait l’île aux paons est considérée comme une réserve. Il y a quelques animaux sauvages, notamment des oiseaux, et surtout les paons qui sont eux totalement domestiqués. Certains se baladent tranquillement sur l’île, mais on en croise surtout autour des enclos où sont enfermés certains paons. Impressionnants, ils n’hésitent pas à déployer leurs charmes plumeux à toute occasion. Un déploiement surréaliste de couleurs qui prouve l’attrait de mère nature pour l’esthétisme.

Autres curiosités de l’île, les différentes constructions qui datent de la fin du 18ème siècle, début 19ème siècle : la maison du capitaine du ferry, la maison de chasse, la ferme (avec quelques moutons), le temple, la maison des cavaliers, la serre, le château… Ces bâtiments sont répartis sur l’île et il est très agréable de marcher dans cet environnement naturel, à leur recherche. Cependant rien de spectaculaire niveau architectural. En effet j’ai trouvé personnellement que certains ont été mal rénovés, ou alors leur architecture de base était déjà de mauvais goût ? C’est notamment le cas pour le château que le roi fit construire pour lui et sa femme. Mon coin préféré fut celui de la ferme qui m’a semblé le plus authentique. En chemin vous découvrirez en outre des jardins de fleurs. Comptez au moins 3 heures pour flâner tranquillement dans ce décor de conte de fée, qui paraît parfois un peu faux.

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Captcha *