Seule au watergate

Récit anonyme de soirées solitaires au Watergate et autres clubs berlinois…

Première soirée au Watergate

Un mercredi de septembre. Ce jour-là, je ressens l’envie d’aller en club toute seule. Peut-être parce que je regarde à nouveau la série Skins et que ça me donne envie d’aventures, peut-être parce que je me sens pleine d’énergie car j’aime l’arrivée de l’automne. L’autre raison est que je ne bosse pas le lendemain alors que c’est le cas de la plupart de mes amis. Je regarde sur internet les clubs ouverts le mercredi soir et je vois notamment le Trésor ou le Watergate. Vue l’ambiance et la musique, le Watergate me dit mieux a priori, mais je me laisse le temps d’y réfléchir et de suivre mon envie quand il sera minuit. Avant d’aller en club, je rejoins une amie dans un bar à Ostkreuz. Elle repart ensuite chez elle et je me décide pour le Watergate. Je prends le S-Bahn jusqu’à Warschauer Strasse puis je marche jusqu’au club. En passant sur le pont Oberbaumbrücke, je croise des gars qui me disent qu’ils se sont faits refoulés du Watergate car ils ne connaissaient pas le nom du DJ. Heureusement, j’ai regardé, je le connais, je reprends ma route.

J’arrive devant l’entrée et il n’y a absolument aucune queue (bon, c’est normal, on est mercredi et il est 00h30). Je suis habillée de façon très normale (avec mon gros manteau d’hiver et un jean), mais je crois qu’il n’y a pas de code vestimentaire pour le Watergate de toute façon. Les vigiles me demandent de montrer ma carte d’identité puis ils me laissent passer, sans même me demander le nom du DJ. L’avantage d’être une fille et d’être venue seule, sans doute ! Ils regardent mon sac, puis j’entre et paie l’entrée 10 €.
Dans le club, je me sens directement à l’aise. Je donne mes affaires au vestiaire puis j’entre dans la salle principale. Le mercredi soir, seule une salle au rez-de-chaussée est ouverte (le « Waterfloor »). Le weekend en revanche, une salle à l’étage avec une terrasse dominant la rivière est accessible. Voici un plan du Waterfloor fait maison et selon des souvenirs approximatifs

On entre là où se trouve la flèche rouge. Le bleu à gauche, c’est la Spree. C’est le gros point fort du Watergate : de grandes baies vitrées permettent de se sentir au bord de l’eau tout en étant à l’intérieur. On peut voir que la salle est divisée en plusieurs parties : le bar, l’espace pour danser devant le DJ, et ensuite un autre espace avec les toilettes et une petite pièce où l’on peut s’asseoir pour discuter (on entend beaucoup moins la musique dans celle-ci).
Je commence par aller chercher quelque chose à boire. J’entends des Français parler et je me glisse dans leur groupe. Ils sont à Berlin pour un week-end de séminaire organisé par leur école de commerce HEC. Je parle beaucoup avec l’un d’entre eux et nous restons quelque temps au bar.
Ensuite je danse un peu sur le dancefloor. Je trouve que c’est un peu trop éclairé, et la musique pourrait être plus forte. Ça a l’air presque d’un club parisien. Je suis un peu le rythme des autres, tous tournés vers le DJ, dansant chacun pour soi (typique des clubs berlinois). Puis, en me baladant dans le club, je découvre un mec tout seul, assis derrière le bar. Mon intérêt pour les gens qui sont seuls en club me pousse à aller lui parler. Il m’explique qu’il a travaillé dans ce club pendant 10 ans comme éclairagiste et que depuis il vient très souvent en solo pour profiter de l’ambiance car cela lui avait manqué pendant ces années. Il m’avoue aussi qu’il n’aime pas forcément beaucoup le contact. Je trouve ça intéressant, on discute plus ensemble. B. me demande ce que je fais et je lui indique que je cherche actuellement un job. Il m’annonce alors qu’il a une idée pour moi, car le bar où il bosse cherche actuellement quelqu’un. Super ! Je prends son numéro.
Je rencontre ensuite un New-yorkais. Il est à Berlin pour quatre jours en vacances. On parle de la différence des cultures, des clubs new-yorkais. Et puis juste avant de partir, vers 4h30, je recroise B. qui propose de me mettre dans la guest list pour entrer au Watergate gratuitement les prochaines fois.
Conclusion, aller seule en club m’a permis : de faire des rencontres sympas, d’avoir une proposition de job, et d’avoir des entrées gratuites au Watergate. Je reviens chez moi en me disant que c’était une super expérience !

Deuxième soirée au Watergate

Deux semaines plus tard, l’envie me reprend. Partir seule, aller à l’aventure. Par sûreté, je retourne au Watergate (je n’avais pas trop aimé le fait que c’était trop éclairé pour danser, mais après tout, je m’y sentais bien, et c’est un endroit qui donne envie de faire des rencontres). Cette fois, je ne fais pas de « before » avant dans un bar, je pars directement de chez moi, à 23h30.

Devant l’entrée, je vois B., prenant dans ses bras les vigiles pour leur dire bonjour. Je ne lui avais pas redemandé pour l’entrée gratuite et je voulais payer mon entrée mais du coup en le voyant je me dis : « ah, je peux lui demander ! ». Mais trop tard, il entre et je passe après devant les vigiles sans qu’il m’ait vu. Je paie les 10 euros, puis vais aux vestiaires. Là, il me voit et s’exclame : « Ah salut, attends, mais tu as payé l’entrée ? ». Comme j’acquiesce, il va alors parler avec les gens de la caisse pour qu’ils me rendent mon billet de 10 euros. La soirée commence de façon enthousiasmante !
Je prends un verre au bar, puis je vais dans la petite salle qui se trouve au bord de l’eau pour m’asseoir tranquille. Je parle un peu avec B. qui m’a rejoint. Puis je retourne dans la salle principale, je regarde les gens, je tente de parler un peu avec certains, mais je ne suis pas d’humeur à faire beaucoup d’efforts, et j’ai plutôt envie que des gens viennent vers moi. Je me dis que la culture berlinoise de « ce n’est pas les mecs qui viennent draguer mais plutôt les filles » m’énerve un peu. Je demande une cigarette, je fume, puis je me sens d’attaque pour danser. J’enlève mes chaussures, je vais sur la piste, je me mets en mouvement, je ferme les yeux.
Vers 1h30, je retourne dans la petite pièce derrière les toilettes. Je m’assoie et j’observe les gens autour de moi : un mec seul, à ma gauche, un groupe en face, et un autre mec seul, aussi en face de moi. Au bout d’un temps, ce dernier vient me parler. On discute un peu, j’apprends qu’il vient de Roumanie, qu’il s’appelle D., qu’il est à Berlin en coup de vent pour son boulot. Il veut profiter des clubs berlinois chaque jour, tant pis s’il est fatigué pendant les conférences auxquelles il doit assister. Il me propose d’ailleurs d’aller dans un autre club où il avait été deux ans auparavant quand il était en visite à Berlin : le Trésor. Selon lui, c’est facile d’y rentrer et l’atmosphère est originale. Etant curieuse de découvrir ce club, j’accepte et nous partons sur le champ.

La suite 

Il suggère d’y aller en Uber. Parfait. En 10 minutes, on arrive au Trésor. L’entrée n’est pas facile à trouver : il faut en fait longer un bâtiment avant d’arriver devant les portes du club. Il n’y a pas de queue et on entre facilement. On dépose nos affaires au vestiaire puis je découvre ce club étrange, très obscure, où l’on s’aventure dans une espèce de grotte pour arriver dans une salle remplie de fumée, toute noir, avec des barreaux de fer qui nous séparent du DJ. J’aime découvrir cet endroit, mais je ne m’y sens pas super bien. La musique électro est extrêmement forte et et tout le monde danse simplement devant le DJ. Je décide d’aller danser dans une salle plus petite qui se trouve à l’entrée. Je décide de rentrer chez moi, sentant la fatigue monter. D m’informe qu’il compte aller au Berghain le lendemain et je trouve la proposition alléchante. On verra bien demain… !

Le lendemain (un jeudi donc), je propose à une amie de venir aussi au Berghain. Nous y allons ensemble le soir et cherchons à retrouver D. devant l’entrée, sans succès (j’ai appris plus tard qu’il s’était fait refouler). Nous faisons la queue et entrons, un peu par miracle ! Dans le Berghain, nous sommes surexcitées d’avoir pu rentrer ! La soirée dans ce club mythique peut commencer ! Mais ça, c’est une autre histoire !!

En guise de conclusion
J’espère que cette expérience vous aura donner envie, à vous aussi, de tenter d’aller seul en club. L’avantage que j’y vois, c’est qu’on va plus naturellement parler à des inconnus et qu’on peut faire ainsi des rencontres intéressantes et vivre des choses inattendues.

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