Une aventure en Bootshaus

Les bootshaus, ces bateaux en forme de petite maison, sont de plus en plus fréquents sur les rives de la Spree, de la Havel et des lacs du Brandenburg. Avec B. cela faisait longtemps que nous rêvions de passer un week-end sur l’eau et c’est finalement lui qui prit l’initiative et m’offrit cet énorme cadeau pour mon anniversaire.

Je ne saurai vous dire où était amarré le bateau, quelque part au bord de la Havel, au fin fond du Brandenbourg… ni le nom de la compagnie de location, d’une part parce que c’était un cadeau donc je ne connaissais pas les détails, et d’autre part car quelques déconvenues ne me donnent pas envie de leur faire de la publicité. Malgré ces quelques mésaventures dont nous rions encore aujourd’hui, ce week-end fut idyllique et je ne peux que vous conseiller de vous jeter à l’eau, du moins de tester l’un de ces bootshaus.

Nous sommes donc partis un vendredi après-midi dans un train régional en compagnie de nos vélos et d’un petit bagage. Vélos très utiles car le bateau était amarrés à plusieurs kilomètres de la station de train. La balade en vélo d’une petite vingtaine de minutes était charmante. Arrivé au petit port, B. était censé suivre une formation de quelques heures avant de pouvoir prendre possession du bateau. Nous fûmes accueillis par un monsieur fort sympathique, bien qu’un peu grivois, qui nous fit le tour du propriétaire et nous donna une fiche avec les panneaux signalétiques et leur signification… et c’en fut fait de la formation que B. avait dû payer en extra et censée être obligatoire car il n’a pas de permis bateau. Le monsieur nous recommanda de bien bien jeter les deux ancres, une petite et une grande, afin de maintenir le bateau en place.

Nous allâmes en vélo jusqu’à un supermarché pour faire nos provisions du week-end. Sur le chemin du retour la pluie commença à tomber et nous arrivâmes juste à temps pour nous réfugier dans le bateau. Un formidable orage éclairait le ciel et les eaux sombres, le vent faisait tanguer le bateau et les roseaux. Quand le temps se calma, nous décidâmes de quitter le port et de nous mettre au vert, dans une crique abritée du vent.

 

 

Je me jetai à l’eau pour la première fois de l’année, mais remontai aussitôt car le froid était saisissant. Heureusement B. avait loué un Bootshaus de luxe avec sauna !! Le démarrage pour lancer le feu qui l’alimentait avait été un peu compliqué, mais nous y parvînmes grâce à des cubes allume-feu que nous avions trouvés au fond d’un placard.

La soirée se déroula dans la plus grande sérénité. Avant de nous coucher, B. vérifia les ancres car le vent se levait. Quand il tira sur la petite ancre, il n’y eut pas de résistance et il remonta une corde au bout vide ! L’ancre avait disparu…. il semble que le dernier marin à avoir noué la corde à l’ancre n’avait pas bien fait son boulot.

Au milieu de la nuit, nous fûmes réveillés par le vent et les clapotis furieux qui résonnaient sous le bateau. En jetant un oeil dehors, nous nous rendîmes compte que nous nous approchions des roseaux. Nous décidâmes d’attendre le jour et la fin de l’orage pour tenter une action de sauvetage. Le matin, nous nous réveillâmes tôt pour constater que nous étions au milieu des roseaux. La situation était critique, nous pensions que nous allions devoir appeler à l’aide et être remorqué penaud au port situé à seulement quelques centaines de mètres. Mais B. nous sauva en parvenant à rallumer le moteur et à nous faire rejoindre le large. Nous pouvions enfin débuter notre croisière sur la Havel sous un ciel bleu.

 

 

La matiné se passa sans encombre, le rythme lent du bateau nous permettait de profiter du paysage et de la nature. Je prenais même les commandes et me découvrais une nouvelle passion pour la navigation sur fleuve. Le midi nous avisâmes un restaurant sur le rivage. Grâce aux talents de pilote de B. et aux conseils avisés du tenancier qui nous guida pour que nous puissions garer notre bateau, nous pûmes mettre pied à terre et déguster des poissons. L’après-midi se déroula au même rythme et dans la belle plénitude procurée par le voyage tranquille sur les eaux. Le soir nous pûmes nous poser sur un petit lac protégé à l’écart du fleuve et préparer un barbecue sur le toit du bateau tout en regardant le coucher du soleil. Instants magiques et nuit paisible. Un dimanche bleu sur l’eau et sous le ciel limpide… un bouquin au soleil, une baignade frileuse, un brunch sur le pont…

 

 

Finalement je n’ai pas envie de relater le retour au port, un peu compliqué parce que la société de location voulait nous faire payer l’ancre mal attachée. Ce qui reste de ce week-end de printemps, ce sont les beaux moments près de la nature… qui donne envie de reprendre le large !

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