Musée de la RDA à Berlin

Crédit photo: DDR Museum

Le DDR Museum (musée de la RDA) est l’un des musées les plus visités de Berlin avec près de 500 000 visiteurs annuels. Et pourtant en 5 ans je n’y avais jamais mis les pieds. Ce musée a la réputation d’être très interactif et ludique, idéal pour les groupes scolaires. Je craignais que ce soit un musée touristique et superficiel qui surfe sur la vague de l’Ostalgie.

Il y a quelques semaines j’ai reçu un mail de Sabrina, stagiaire française au musée de la RDA. Elle me proposait de découvrir le musée en “VIP”, avant l’ouverture au public. Ce fut finalement Mélanie qui m’accueillit pour cette visite privée. Elle travaille au musée depuis sa création en 2006 et en connaît les moindres recoins.

Premier élément qui attire mon attention, la maquette de la frontière constituée du mur intérieur, du mur extérieur, des miradors, du chemin de ronde… Une bonne base pour visualiser correctement ce à quoi ressemblait ce mur de Berlin dont il ne reste aujourd’hui presque aucune trace.

trabant

Deuxième étape, la trabant, la célèbre voiture de RDA, que l’on peut conduire. On s’installe dans le petit habitacle et bien installé au volant on enclenche les vitesses en découvrant le paysage urbain de Belin Est à travers un écran. Comme dans un jeu vidéo on peut se déplacer dans les rues grises de Berlin.

Puis c’est vers un autre écran que l’on se retrouve, celui derrière lequel les agents de la Stasi prenaient des notes en espionnant les potentiels traîtres de la démocratie. Autre outil d’espionnage, les micros dissimulés dans les appartements. Dans le musée on peut en faire l’expérience. Un micro a été installé dans une autre pièce du musée et on peut écouter les visiteurs qui s’y trouvent (bien entendu un panneau leur indique qu’ils sont écoutés).

DDRMuseum

Nous prenons ensuite place dans le canapé d’un salon reconstitué à la déco typique RDA afin de découvrir les loisirs des Allemands de l’Est. Deux grandes tendances : On buvait énormément et on parlait de sexe librement, un sujet que l’on abordait très tôt à l’école.

On entre ensuite dans la cuisine, elle aussi parée du mobilier de l’époque. Le musée présente des milliers d’objets originaux que des familles ont spontanément donné à cette institution privée. Il parait qu’il y a des hangars remplis de ces trésors qui attendent d’être présentés au public.

En plus des nombreux objets exposés, le musée de la RDA présente des documents, archives audio, photo et vidéo. On y accède en tirant des tiroirs, ou ouvrant des placards, en faisant coulisser des vitrines. C’est cet aspect ludique qu’apprécient certainement les jeunes visiteurs du musée. J’ai aussi aimé cette présentation innovante et créative qui ne nuit pas au fond. De fait, malgré ces apparences ludiques le musée de la RDA offre un grand nombre d’informations et de pistes pour aborder et imaginer la vie quotidienne des Ossies, comprendre les différents axes empruntés par la propagande, de l’école aux médias, et découvrir les méthodes utilisées par le régime pour enfermer sa population dans un pays prison. Bien que ce soit des sujets dont je suis familière, j’’ai encore beaucoup appris au cours de cette visite.

prison

Le musée s’est agrandi il y a quelques mois. Avec une fréquentation en hausse et de nouveaux objets à présenter il devrait continuer son expansion au fur et à mesure que le temps distance les Allemands de cette sombre période de leur histoire.

Pour éviter la foule Mélanie conseille de visiter le musée en début de soirée, entre 18 et 20h (jusqu’à 22h le samedi) ou à l’ouverture à 10h. Autre bon plan pour éviter l’attente au caisses et profiter d’un prix réduit, acheter ses billets un peu en avance sur le site internet du musée.

Mise à jour en décembre 2016 par Isabelle

Retour vers le passé avec le musée de la DDR

Depuis son ouverture en 2006, le musée de la DDR est une institution culturelle qui ne cesse de se renouveler. En effet, en août dernier il a ouvert une nouvelle partie qui nous plonge dans le quotidien des habitants de l’Allemagne de l’Est. J’y suis allée faire un tour et je suis bien restée 3 bonnes heures… Comment est-ce possible? Et bien parce que la philosophie du musée c’est la pédagogie par l’interaction et le divertissement.

Une expérience historique à portée de main

Quand j’étais petite je n’aimais pas vraiment aller au musée, je suivais surtout les parents. Maintenant j’adore ça, pourtant j’entends toujours cette voix dans ma tête qui me dit : “On touche avec les yeux !”. On la connait tous celle là n’est-ce pas? Et bien pas de ça au musée de la DDR. Ce dernier a fait du touché, de l’interaction et de l’innovation sa devise. Au fur et à mesure de la visite j’ai conduis un Trabant (voiture de l’époque), ouvert des portes, des tiroirs, je me suis mise dans la peau d’un chef d’usine, je me suis fait interroger et j’ai fait un tour en cellule. Pas de panique, j’ai simplement parcouru les différents aspects de la vie en Allemagne de l’Est à l’époque de la séparation. On se rend compte qu’il n’y avait pas que de mauvais côtés à la vie en RDA (République Démocratique d’Allemagne). Les gens avaient accès à la culture, aux loisirs, la télé… Néanmoins la censure, la propagande et la surveillance (Stasi) étaient quasiment omniprésentes.

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C’était comment comment de vivre en RDA ?

Revenons à la partie qui nous intéresse ici. Le musée s’efforce de montrer en toute objectivité la réalité du quotidien en RDA avec la reproduction d’un appartement HLM de l’époque. Avant d’accéder à l’intimité des allemands de l’Est, on entre dans une petite pièce annexe avec un bureau, un casque et une machine à écrire. On s’aperçoit très vite qu’il s’agit d’une pièce dédiée aux employés de la Stasi chargés d’écouter les habitants de l’appartement. Un petit vent me traverse le dos et me donne des frissons quand je me rend compte que j’entends tout ce que disent les touristes.

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Je continue mon chemin et une fois l’ascenseur passé je suis transportée dans le passé. La visite commence dans la chambre des enfants. On y apprend à faire un noeud pour le foulard de l’uniforme, on y découvre des jouets, des cahiers de cours et même une reproduction du concert de Bruce Springsteen. Bref on se laisse prendre au jeu et on en oublie vite que l’on est sous surveillance. Je continue de déambuler dans les pièces de cet appartement aux tapisseries dépassées, dans la chambre des parents puis dans la cuisine, la salle de bain et la salon. Chaque tiroir, chaque porte découvre de nouvelles surprises. On peut imprimer des recettes typiques de l’époque, regarder la télé, essayer des vêtements… en somme s’immerger dans le mode de vie communiste.

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A propos du musée:

L’idée du musée est née en 2004 et celui-ci a ouvert ses portes en 2006. Le musée entièrement privé se développe chaque année un peu plus et accueille de nouvelles attractions comme le Trabi et son simulateur. Tous les ans ce sont environs 500 000 visiteurs qui se déplacent et on font l’un des musées les plus visités. Sa particularité c’est l’utilisation des technologies modernes, tablettes, table interactive, simulateur… son objectif est d’offrir une expérience unique aux visiteurs, qui vivent, touchent et ressentent les conditions de vie dans une société enfermée.

Une Réponse à “Musée de la RDA à Berlin”

  1. Daniel Egloff

    Bienvenue en Ostalgie Elodie ! L’idée d’une visite en dehors de la foule est à retenir, parce que toutes les fois que je suis allé au Musée de la DDR (personnellement je dirai plutôt de la SBZ ..) j’avais l’impression que le Mur venait de s’ouvrir et que j’étais écrasé par les mouvements de foule, hi hi ! A part ça il faut une fois conduire pour de vrai une Trabi. Je l’ai fait … et même qu’on était au début du mois de novembre (tiens, tiens, encore une fois où j’étais à Berlin à cette époque – lol -) après une heure de parcours j’étais en nage : évidemment pas de direction assistée, pas de freins assistés, pas de synchronisation des vitesse, donc double-débrayage en montant et en descendant, etc ! Mais ça valait la peine car j’ai obtenu mon permis de conduire DDR 😉 A tout bientôt, je reviendrai à Berlin (mais pas le 9 novembre,je suis déjà venu 2 fois cette année !), ça sera le printemps prochain 🙂

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