Embarquer pour Werder

Werder est une lointaine ville du Brandebourg. Elle serait totalement insignifiante s’il ne s’y déroulait annuellement un festival de floraison, le Baumblütenfest, et ce depuis 136 ans. Une semaine de fête foraine, de défilés de chars fleuris et de visages rougis sur la voie publique. Depuis le temps que j’en entendais parler et que je voyais mes amis en revenir les yeux pétillants et légèrement ivres je décidais de tenter l’aventure.

Le week-end du premier mai semblait optimal. Il faisait beau et c’était l’occasion d’échapper à l’ambiance trop enjouée qui régnait à Berlin en ce jour férié. J’imaginais la campagne, les allées de pommiers en fleurs, la brise dans les cheveux et les petits stands de nourriture.

En une demi-heure le train régional mène les Berlinois jusqu’à Werder. Pour pimenter l’excursion nous avions décidé de nous y rendre en bateau. Il y en a un qui part de Tegel, au Nord de Berlin, et propose une croisière de 5 heures jusqu’à Werder, au Sud de la capitale. Mais, ayant pris notre décision de partir à l’aventure à notre réveil (peu matinal) et le départ étant à 10h, il était déjà trop tard pour que embarquions de Tegel. Nous décidâmes de rattraper le navire lors de son escale à Wannsee.

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Un jet de S-bahn plus tard nous étions à Wannsee, prêt à embarquer. Le ticket aller simple coûtait 14,50 euros. A ce prix vous découvrîmes avec horreur que nous aurions le droit à des informations touristiques en allemand et en anglais diffusées par les hauts parleurs. Des petites musiques d’ambiance et des bruitages illustraient les explications historiques. Finalement heureusement que n’étions pas partis de Tegel…

Mais trêve de jérémiades la croisière était agréable, le temps au beau fixe, le paysage vert et varié. Cerise sur le gâteau on pouvait commander des boulettes et des curry wurst à déguster sur le pont. Nous passâmes par Kladow, joli village perdu au milieu de la forêt, relié au reste de la civilisation par les bateaux et une sinueuse ligne de bus. Puis Pfaueninsel, l’île aux paons à la nature protégée. Nous longeons le chemin cycliste que j’ai plusieurs fois emprunté et qui mène de Wannsee à Babelsberg. Les petites villas et châtelets se succèdent. Puis c’est Potsdam encombrée par les travaux et les touristes. Caputh ensuite, un lieu de vacances apparemment très apprécié si l’on se fie aux nombreux bungalows et tentes qui s’entassent sur les rives. Encore le large et au loin, enfin, Werder et sa grande roue.

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Ca fait tellement longtemps que je ne suis pas allée à une fête foraine ! Après le bateau nous embarquons cette fois-ci dans une nacelle qui nous mène vers le ciel et nous fait tourner la tête. Plusieurs dizaines de mètres en-dessous défilent à toute vitesse la Havel, le village, les prairies. Pour nous requinquer nous goûtons à la spécialité locale, le Obstwein, un vin très sucré fait maison à partir de fruits. Il en existe de nombreuses variétés, autant qu’il y a de fruits produits dans la région. Mais il ne faut pas fier à son goût… à voir les visages rougis et les démarches hésitantes des passants la boisson contient sa dose d’alcool. Ou bien est-ce le soleil ?

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La fête s’étale dans les rues du centre-ville et sur la presque île de Werder. Nous marchons longtemps pour rejoindre la station de train. Nous sommes accompagnés par ceux qui doivent marcher coude à coude et épaulés sous peine de tomber. Et nous croisons ceux encore frais qui vont s’encainailler. Le quai est bondé et dans le train des agents de sécurité passent, l’oeil inquiet. Les écrans diffusent des messages qui indiquent que le port de bouteilles en verre est interdit, presque une alerte terroriste à son seuil maximal. Finalement nous avons bien fait de prendre le bateau à l’aller… peut être qu’un jour nous tenterons le tronçon Tegel – Wannsee.

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