En attendant le train

Voilà une mini exploration qui fut bien plus amusante que je ne le prévoyais ! A l’extérieur, sans mur à la peinture décrépie, sans porte à pousser, sans fenêtre brisée et à deux pas de la civilisation… le sujet de cette sortie Urbex présentait des caractéristiques inhabituelles.

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La station Siemensstadt construite en 1929 connectait la ville de Siemens située à Spandau avec le reste du réseau ferroviaire berlinois. Il y avait en effet une ligne de train longue de 4,5 kilomètres dédiée à la Siemensstadt qui comprenait 3 stations à partir de Jungfernheide : Wernerwerk, Siemensstadt et le terminus Gartenfeld .
C’est l’entreprise Siemens qui l’avait financée et elle faisait partie intégrante de la véritable petite ville que l’entreprise avait créé pour attirer de nouveaux salariés. En effet le site de Spandau qui concentrait une partie des infrastructures de production était un peu éloigné du centre de Berlin. Il fallait donc offrir tous les services nécessaires pour le bien-être des ouvriers : logements, crèches, écoles, clubs de sport…
Une grande partie de Siemenstadt fut détruite par les bombardements. Pourtant l’entreprise reprit ses activités dès la fin de la guerre. C’est la construction du mur de Berlin qui va vraiment porter un frein au développement de l’entreprise qui va peu à peu déménager ses usines en Allemagne de l’Ouest, Berlin-Ouest étant devenue une enclave au milieu de la RDA. Sur les 67 000 habitants du début du siècle il n’en reste plus que 12 000 aujourd’hui. La station Siemensstadt fut abandonnée à partir de 1980, quand la ligne 7 du U-Bahn permit de desservir Siemensstadt.

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On ne peut pas manquer la station, elle passe au-dessus d’une route. J’eus un doute en la voyant car en regardant des photos sur Internet pour préparer cette expédition j’avais eu l’impression qu’elle se trouvait au milieu de la forêt. Mais le S vert, l’inscription Siemensstadt sur le pont et le guichet fermé me confirmèrent que nous étions au bon endroit.

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La difficulté fut de trouver comment passer à travers le grillage. Nous suivîmes d’abord un type qui semblait connaître le coin, mais en fait il allait pisser contre l’un des piliers qui supportent la station. Nous trouvâmes une ouverture mais elle ne semblait pas suffisamment large pour nous laisser passer. Nous continuâmes notre recherche mais il semblait qu’il faudrait marcher un certain temps le long des voies pour trouver une autre entrée. Nous nous résolûmes donc à tenter de passer par le trou étroit bien qu’il se trouva le long du trottoir où passaient régulièrement des piétons. A force de contorsions nous finîmes pas passer, heureusement qu’il s’était écoulé quelques semaines depuis Noël !

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C’était vraiment étrange de se balader sur le quai, à la vue de tous ceux qui passaient sous la station. Des gens, envieux, nous fixaient. L’exploration fut rapide. Les deux anciens accès sont condamnés et recouverts de graffitis. Quelques lampes pendouillent encore et les câbles attendent patiemment le S-Bahn. Les arbres rebelles poussent par chaque interstice du quai et gondolent la surface. Des horloges creuses ressemblent à des pneus et des échafaudages soutiennent le plafond fatigué.
Les voies ferrées qui s’enfoncent dans la végétation sont très inspirantes. C’est le lieu idéal pour faire croire à ses amis que l’on a peur de rien et que l’on se laisse photographier sur une voie de chemin de fer malgré l’arrivée éminente d’un train.

Nous ne traînâmes pas trop au cas où un passant, fana de l’ordre établi, ait appelé la police. Mais apparemment les gens du coin sont plutôt pacifiques. Un couple de retraités rigola sous cape en nous voyant nous tordre pour franchir la clôture. Je les soupçonne d’avoir eux-même coupé ce petit espace dans le grillage, pour le plaisir de voir les explorateurs se débattre avec la clôture.

2 Réponses à “En attendant le train”

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