En vélo à Berlin

Ce n’est un secret pour personne, les Berlinois sont accrocs à leur vélo. Même quand ils profitent des derniers rayons de soleil de l’année, c’est en compagnie de leur ami à roues.

J’ai moi-même développé pour mon vélo de grands sentiments que j’ai découverts lors d’une mésaventure. J’avais accroché mon précieux moyen de transport à une rambarde. Or quand je voulus ouvrir le cadenas de mon anti-vol, ce fut impossible. Ma clé ne parvenait pas à tourner dans la serrure. Au bout de 10 minutes d’essais infructueux je dus trouver une solution radicale.
Par chance, j’avais repéré un magasin d’outillages dans le quartier. Utilisant pour une fois mes deux jambes, je parvins à la boutique et expliquais ma situation désespérée. Devant mon désarroi les sympathiques vendeurs me proposèrent de sectionner mon anti-vol. Je courais chercher mon vélo et pensais soudain que je ne pourrai pas le ramener puisqu’il était fixement amarré à un poteau. Je repris donc ma course dans le sens inverse. Un des vendeurs me tendis gentiment une pince. Ainsi devant tous les passants je coupais mon anti-vol. Personne ne réagit et je revins sans menottes rendre la pince.

Vélos partagés à Berlin

Les vélos partagés Mobike, Limebike, Deezer Nextbike et Donkey Republic à Berlin

Depuis quelques années les vélos partagés sont arrivés à Berlin. Ils représentent la solution idéale pour les touristes qui veulent visiter Berlin en vélo et pour les Berlinois dont le vélo est chez le réparateur. Andréa a testé pour vous 4 marques de vélos partagés parmi les nombreuses présentes dans la capitale allemande. Elle vous raconte son expérience d’utilisatrice et compare les tarifs, la facilité d’utilisation des applications à télécharger pour se servir des vélos, le nombre de vélos disponibles (la couverture du réseau) et leur confort.

Arrivée depuis seulement 4 semaines, j’ai repris la vie en transport en commun et mon vélo lillois me manque terriblement. Je n’ai pas pu l’amener avec moi dans mon aventure berlinoise et je ne peux pas vraiment en acheter un d’occasion ici. Pourtant, Berlin est une ville idéale pour le vélo. Elle est très peu vallonnée et bien équipée en pistes cyclables.

Heureusement les vélos en libre service ont vu le jour ! Ou vélos partagés si vous préférez. Il s’agit de vélos à l’effigie de multiples marques et qui se trouvent à peu près partout dans les rues. Ils sont à la portée de tous ! Solution peu coûteuse, à vous la liberté et la pratique du vélo bon pour la santé, adieu le stress des heures de pointes du métro. Il vous suffit de télécharger les applications propres à ces vélos et qui vous donnera accès à tout le nécessaire pour les louer de manière simple et rapide !

Cependant il existe de nombreux concurrents et il est difficile de savoir quel système de vélos partagés choisir. Alors je suis allée pédaler pour vous. J’ai testé 4 marques de vélos partagés, celles qui disposent d’une flotte de plus de 600 vélos à Berlin : Mobike, Limebike, Deezer Nextbike et Donkey Republic. A l’origine je voulais tester les Lidlbike et les Call a bike, qui sont tous les deux un service de la Deutsche Bahn, mais les inscriptions et l’ajout des informations personnelles étaient trop fastidieuses.

Voici les résultats de ce test, de la marque que j’ai le moins appréciée à celle que j’ai préférée.

1. Mobike

L’application de Mobike se trouve facilement sur l’App Store ou sur Android. Elle est intelligible et fluide. Le seul point noir est la fluidité de la carte de localisation des vélos. Elle est parfois un peu lente mais je suppose que cela dépend de la connexion. La couverture est très bien, il s’agit même des vélos les plus présents. Vous n’aurez donc aucune difficulté à en trouver un près de vous. Le gros problème avec Mobike est l’utilisation du vélo en soi. Le confort est médiocre, la selle est dure, il n’y pas de suspension ni de vitesses. Il est globalement peu maniable et semble en mauvais état ce qui favorise le sentiment d’insécurité. C’est pour cela que l’utilisation de Mobike a été la moins bonne pour moi et de loin. La restitution ne nécessite pas de le déposer dans une station mais elle n’est pas très instinctive. Ce n’est pas indiqué sur l’application mais vous devez verrouiller les vélos vous-même afin de mettre fin à la location.

Langue : anglais
Tarif horaire : 1€ /20minutes
Tarif journée : non
Abonnement mensuel : 7€ + 1€ toutes les 20 minutes avec 30 premières minutes gratuites
Abonnement annuel : non
Réservation du vélo : oui

2. Deezer Nextbike

Deezer Nextbike aurait pu être premier mais l’application est vraiment à refaire selon moi. J’ai perdu un temps fou à comprendre le fonctionnement et rien n’était instinctif. De plus il n’y a pas d’itinéraire entre notre position et la station la plus proche sur la carte de localisation. Ceci dit la couverture est bonne, il s’agit des deuxièmes plus nombreux. Même si ce n’est pas parfait puisque les vélos sont concentrés en stations, ces dernières sont tout de même facilement accessibles. Contrairement à Mobike, le confort et la sécurité sont quasi parfaits. Le vélo est en bon état, il a des vitesses, il est maniable et semble en bon état. En revanche, la restitution se fait en station. Elle est possible hors station mais 0,50 euros sont alors facturés. Cela peut être une contrainte.

Langue : anglais / allemand
Tarif horaire : 1€ les 30 premières minutes puis 1,50€
Tarif journée : 9€ /24h
Abonnement mensuel : non
Abonnement annuel : 48€
Réservation : non

3. Limebike

(première génération, ceux qui ne sont pas électriques)

L’application est également sur l’App Store et Android, elle est très fluide, claire et simple d’utilisation. Il n’y a aucun problème à ce niveau-là. La couverture en revanche est peu étendue, en particulier lorsqu’on s’éloigne du cœur de la ville. J’ai du marcher environ 10 minutes pour trouver le mien, ce qui est contraignant. Pour ce qui est de l’utilisation le bilan est plutôt positif. La selle était confortable, mais il n’y avait pas de vitesses et il était assez lourd ce qui le rendait peu maniable. Ceci dit, il semblait en bon état globalement et je me sentais en sécurité (bien plus qu’avec Mobike). La restitution se fait en toute simplicité, en un clic et sans station. Globalement l’expérience était bonne mais ce sont de loin les plus chers.

Langue : français
Tarif horaire : 1€ + 0,15 centimes/1 minute
Tarif journée : non
Abonnement mensuel : non
Abonnement annuel : non
Réservation : non

4. Donkey Republic

Selon moi, la meilleure marque est Donkey Republic. La couverture n’est pas la plus étendue mais est quand même satisfaisante. Ce fut la meilleure expérience utilisateur du début à la fin.
Tout comme Limebike, l’application était facile à utiliser. Le vélo était confortable, léger, maniable, avait des vitesses et était en très bon état. La restitution était également sans contrainte et facile. Le petit plus : l’application indique des lieux où déposer le vélo de préférence. Pas de sanction financière si on ne le laisse pas à ces endroits mais simplement un coup de pouce pour le prochain utilisateur.

Langue : français
Tarif horaire : 1,50€ pour -15 minutes, 30€ pour -30 minutes, 5€ pour -2 heures (prix dégressif d’heure en heure)
Tarif journée : 12€ /24h
Abonnement mensuel : 18€/mois pour -12h/mois – 9€/mois pour -1h/mois (si vous dépassez ces horaires, le tarif horaire s’applique)
Abonnement annuel : non
Réservation : Non

5. Tableau comparatif

Tableau comparatif des vélos partagés Mobike, Limebike, Deezer Nextbike et Donkey Republic à Berlin

Acheter un vélo d'occasion à Berlin

Cela devait arriver un jour… mon vélo à la couleur orange incertaine s’est fait voler après 4 ans (jour pour jour !!!) de longs et loyaux services. Acheté 30 euros au marché aux puces, panier inclus, je l’avais bien rentabilisé. Mais là n’était pas la cause de ma peine. Toutes ces aventures que nous avions vécues ensemble, ces éprouvantes rentrées de soirée, la montée quotidienne de la Schönhauser Allee, les balades sous la pluie à travers Berlin pour dégoter des lieux insolites, les courses avec d’autres deux roues inconnus…

Je passais des jours à scruter tous les vélos que je croisais, observer ceux attachés sur le trottoir, consulter les annonces sur internet dans le maigre espoir de le revoir. Pour l’instant sans résultat…

Le prix du métro n’étant pas en récession il fallait donc que je dégotte un nouveau vélo. Enfin pas trop nouveau quand même car j’aime l’ancien et que mon budget tournait autour de 50 euros.

1. le marché aux puces

Je retournais à la source pour y trouver une nouvelle merveille. A l’époque j’avais dû avoir beaucoup de chance d’acheter un vélo si peu cher mais qui fonctionne encore à merveille 4 ans plus tard. Les prix de mes souvenirs n’étaient plus ceux de la réalité. Il fallait compter 50 euros pour un vélo qui ne roulait pas et 100 euros pour une épave qui pouvait encore circuler. Autant acheter un vélo neuf !

2. Les petites annonces

Du coté d’ebay kleinanzeigen il y a plusieurs annonces pas jour, certaines plutôt intéressantes, mais les vélos intéressant partent vite, très vite, parfois en moins d’une heure.

Chez Craiglist beaucoup moins d’annonce mais des vélos moins chers et qui à priori sont en bon état, leur propriétaire les abandonnant car ils quittent Berlin.

Vous pouvez aussi regarder sur http://www.kalaydo.de qui propose des annonces dans le domaine automobile, travail et immobilier. Les prix sont un peu plus élevés mais les vélos semblent en meilleur état.

3. En boutique

Je n’ai pas trouvé de boutiques de vélo de seconde main vraiment intéressantes, du moins coté prix. Si vous avez de bonnes adresses n’hésitez pas à laisser un commentaire.

J’ai finalement acheté mon nouveau vélo vintage sur e-bay Kleine Anzeigen. Le problème c’est que quand on traverse la ville pour voir le vélo on a tendance à le prendre, histoire de ne pas s’être déplacé pour rien. Mon conseil : allez voir en premier les vélos situés dans votre quartier ! Celui que j’ai trouvé n’avez pas l’air vaillant mais son propriétaire était motivé pour me le vendre. Il a fait baisser le tarif de 20 euros, a réglé les freins et changé la dynamo. Devant tous ses efforts j’ai cédé, payé et enfourché mon nouveau destrier rouge aux pneus made in GDR.

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Le vélo est politique

Thomas est architecte. Il organise des visites en vélo à Berlin qui permettent de découvrir la ville, connaître son histoire et comprendre son développement. Vous pouvez notamment vous inscrire à sa visite « L’archipel vert » ici. Fervent cycliste, il décode pour nous le referendum vélo actuellement organisé à Berlin.

« Vous avez certainement remarqué ces derniers temps à Berlin ces autocollants dispachés partout, avec un logo représentant la tour de la télévision entourée d’une roue de vélo. Répondant au doux nom de Volksentscheid Fahrrad – referendum vélo -, une association Berlinoise s’est donné l’objectif de créer un véritable lobby pour défendre les intérêts des cyclistes auprès de l’administration de notre belle capitale.

Evidemment, on pourrait débattre du degré peu sexy d’un tel groupuscule que l’on imaginerait volontiers équipé de tout l’attirail du cycliste semi-professionnel, tant il semble que l’utilisateur vélo allemand aime sortir habillé en mode « tour de France » pour parcourir ses quatre kilomètres quotidiens… Quel français moqueur n’a pas pouffé, caché derrière l’écran d’ordinateur de sa start-up neuköllnoise, à l’arrivée du collègue tout de lycra noir moulant vêtu, casque et chaussures qui claquent? Choc des cultures, lui en a parcouru huit sur un vestige branlant de la RDA acheté quinze euro au marché aux puces, pneus sousgonflés, graisse sur le beau jean APC, et s’étonne que tout le monde aime rouler à vélo à Berlin -le prix de la Monatskarte, c’est sûr !

Mais trêve de plaisanterie, selon le site internet du Volksentscheid Fahrrad, le sénat Berlinois ne parvient pas à dépenser chaque année les crédits alloués au développement des infrastructures vélos. Les moyens financiers sont là, les moyens concrets – bonnes idées, planification centralisée, personnel formé, objectifs clairs – manquent cruellement. Et que ce soit en cycliste lycra ou en jean savamment troué, se déplacer à vélo est bon pour notre santé, l’environnement, et la qualité de vie en général – amen.

A l’heure de la nuit debout et dans la ville par excellence de la Bürgerinitiative, ce serait donc faire preuve d’un manque d’ouverture d’esprit très peu stylé que ne pas s’intéresser à la procédure lancée par l’association, qui avait déjà été utilisée avec succès contre l’aménagement des pistes de l’ancien aéroport de Tempelhof en 2014 par une consoeur, la Bürgerinitiative 100% Tempelhofer Feld. Assez complexe à mettre en oeuvre, cette procédure en trois étapes va permettre de soumettre au Sénat de Berlin un projet de loi sans passer par la case députés; en bref, la loi vient directement du peuple (un peuple très bien organisé et aidé d’une armée de juriste en cycliste lycra, je vous l’accorde).
Si l’association parvient à réunir 20.000 signatures avant le 10 juin, elle pourra demander au sénat
l’organisation d’un referendum direct – pour valider ou non la mise en oeuvre d’une nouvelle loi vélo axée sur dix objectifs tous déployés jusqu’en 2025, que vous trouverez ci-dessous traduit en français. Vous avez compris, si vous croisez un cycliste qui recueille des signatures avec le logo du Volksentscheid Fahrrad, signez! !

Le site de la pétition et sur Facebook !! »

Les 10 objectifs du Referendum Vélo :

Objectif 1: 350 kilomètres de rues cyclistes (Fahrradstraßen), sûre pour tous, y compris seniors et enfants
Nous souhaitons que 350 Km de nouvelle rues vélos soient créées d’ici 2025 (comme la Linienstraße à
Mitte par exemple), chacune d’au moins 5 mètres de large et avec priorité aux cyclistes.

Objectif 2: Deux pistes cyclables de deux mètres de large sur chaque rue principale
Chaque rue principale à Berlin devrait être équipée d’une vraie piste cyclable dans chaque sens, à une distance suffisante des voitures garées.

Objectif 3: Sécuriser 75 croisements dangereux par an
En 2013, les carrefours les plus dangereux à Berlin ont été identifiés dans le cadre d’une discussion publique sur ce thème. Ceux-ci doivent être rapidement rendus plus sûrs et des moyens doivent être mis en place pour identifier régulièrement les points problématiques dans la ville.

Objectif 4: Prise en compte transparente, rapide et efficace des petites réparations
Une plateforme en ligne utilisable par tous doit être créée pour recenser les endroits endommagés sur les pistes cyclables et des moyens doivent être alloués pour pallier à ces défauts dans les six mois suivant leur signalement.

Objectif 5: 200.000 places de parking aux arrêt de transport en commun et dans les rues
D’ici à 2025, 100.000 places de parking vélo devraient être créées autours des arrêts de transport en commun et 100.000 dans l’espace public à Berlin. Ces places doivent être régulièrement entretenues et débarrassées des vélos abandonnés.

Objectif 6: donner le feu vert au trafic vélo
Créer à Berlin, sur 50 rues principales, des « vagues vertes » permettant aux cyclistes roulant à 20 Km/h de pouvoir traverser au moins 3 intersections sans devoir s’arrêter au feu rouge.

Objectif 7: 100 Kilomètre de pistes cyclables rapide pour la migration pendulaire
Offrir une alternative aux trajets quotidiens en voiture en développant un réseau de pistes cyclables métropolitaines rapides, d’au moins 4 mètres de large, le long des voies de migration pendulaire identifiées.

Objectif 8: Unités de police à vélo et une unité spéciale contre le vol de vélo
Développer l’unité de Police à vélo Berlinoise et donner plus de moyen aux forces de l’ordre pour
protéger et développer le trafic cycliste et piéton.

Objectif 9: Plus de planification et un département vélo dans l’administration Berlinoise
Le Sénat de Berlin devrait de disposer de plus d’employés pour la planification du trafic et de la
circulation en général. Ce personnel devrait être formé et sensibilisé à l’importance du développement de la circulation à vélo, et pourrait communiquer sur une page internet dédiée sur l’avancement concret des différents projets en cours.

Objectif 10: Sensibiliser Berlin à plus de déplacement à vélo
Pour qu’un changement opère, il est essentiel de soutenir publiquement la « culture vélo ». Un
programme de communication publique doit être lancé par la ville de Berlin pour encourager les
déplacement à vélo et ses bienfaits pour la santé, l’écologie, la qualité de vie en ville !

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